mardi 5 janvier 2010

Alors quoi ?

Quoi, en ce début d’année 2010 ?
Il m’est revenu, ce sentiment persistant d’être improbable, totalement improbable…
Je regarde les autres, je croise des gens, j’en fréquente même ; et bien ils ont tous l’air vrais eux, réels, tous paraissent être tout à fait ancrés dans le monde ; ils ont quelque chose de certain, ils semblent avoir un destin, une destinée - oh, qu’ils acceptent plus ou moins, hein, mais bon, il y a bien un fil à leur vie, enfin je le vois bien… Moi, non. Rien, je ne perçois rien de tel. Ce n’est pas un problème de sens, je ne crois pas qu’il y ai forcément un sens à une vie, c’est autre chose, un sentiment - plus qu’un sentiment, la perception, la quasi certitude - d’être irréel, décadré, comme si je venais d’ailleurs. Je ne mets pas en doute mon existence, pas plus que celles des autres, je vois bien que j’existe : je peux influer sur le cours des choses, sur le monde, même de façon infime ; et puis j’ai un corps qui vit, qui se transforme au fil du temps, qui occupe de l’espace, qui vieilli… Non, le problème est ailleurs, ce sont les modalités de mon existence qui sont improbables… Et c’est physique aussi ; je veux dire que quand je me regarde - dans un miroir par exemple, ou sur une photo - je me trouve physiquement improbable, mon visage, mes yeux - surtout mes yeux et leurs cavités, les cils et les sourcils, les paupières, toute cette zone de mon visage en particulier me parait être totalement incongrue… Mais ça vaut pour le reste, le corps, le ventre, les pieds et les mains, mon sexe même… Et l’aspect général aussi… Quel choc ce fut lorsque j’ai vu pour la première fois une vidéo dans laquelle je figurais ! Les gestes des mains, ceux des bras, ma façon d’attraper quelque chose, ma façon de marcher ; les mouvements de mon cou, de ma tête… Etrange.
Alors évidemment, je ne sais pas quoi faire avec cette improbabilité qui me constitue.

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